Le 4 avril, des travailleuses et travailleurs de Hamilton ont tenu la première assemblée du chapitre local de l’Alliance ouvrière. En ce samedi saint, l’assemblée est un puissant symbole: le mouvement ouvrier, déclaré mort par les porte-voix du statu quo oligarchique, renaît une fois de plus. Ceux qui ont proclamé sa disparition pourraient bien découvrir qu’en creusant sa tombe, ils ont préparé la leur.

Hamilton, surnommée la « ville de l’acier » du Canada, demeure un pôle central de l’industrie manufacturière ontarienne, représentant plus de 4 % du PIB total de la province. Le commerce de détail, les services de santé et le secteur manufacturier constituent, dans cet ordre, les trois principaux secteurs de sa population active. Pourtant, ce poids économique contraste fortement avec les réalités vécues par les travailleurs et travailleuses. Plus de 35 % des employé·e·s du commerce de détail ne gagnent que le salaire minimum provincial de 17,60 $ l’heure, tandis que le loyer moyen pour un appartement d’une chambre à Hamilton dépasse 1 700 $ par mois. Pendant ce temps, le salaire viable est estimé à environ 22,60 $ l’heure—ce qui met en lumière un écart croissant entre le coût de la vie et les conditions de travail.